Ah, elle est déjà loin la plage de sable fin de la côte Atlantique de mes chères vacances... qui avait succédé aux paysages du Vaucluse
qui m'ont offert de belles promenades en juillet. Les bonnes choses ont une fin. Je suis rentré à Asnières et, canicule ou pas, je profite du peu d'affluence en mairie pour plancher sur les
dossiers de ma délégation.
Mais je suis loin d'être le seul à travailler en cette mi-août. Les communicants de l'UMP sont à pied d'oeuvre eux aussi, comptant
visiblement sur la chaleur estivale pour endormir l'opinion et monter quelques bidonnages comme le parti sarkozyste en a le secret (eh oui, notre Manuel Aeschlimann local n'a pas l'exclusivité de
la propagande gonflée! ses amis ministres ont de belles capacités eux aussi).
Extraits de Libération et du Monde de ce jour...
(...)
Excès de zèle de sympathisants ou communication réglée comme du papier à musique ? La question est posée après la visite, lundi, du ministre de
l'Education nationale, Luc Chatel, dans un supermarché de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Une promenade ministérielle anodine à la veille de la rentrée des classes. Le ministre est venu parler
des «essentiels» de la rentrée, ces fournitures scolaires vendues à bas prix.
Déambulant dans les
rayons, sous les objectifs d'une batterie de caméras et les yeux d'une cohorte de journalistes, Luc Chatel interroge des mères de famille au chariot visiblement bien remplis. Toutes sont
agréablement surprises et satisfaites de l'opération. Carton plein pour le ministre? Trop beau pour être vrai.«C'était vraiment le hasard», commentera Luc Chatel.
Un «hasard» qui interpelle alors des journalistes présents sur les lieux. La supercherie du supermarché est révélée ce mardi matin sur les ondes
par France Inter. Ce qui apparaît comme une visite
de routine ne serait en fait que pure mise en scène. L'une des mères de famille est une sympathisante UMP, assure la radio, venue de l'une des fédérations avoisinantes gonfler les rangées du
supermarché quelque peu vide, à 11 heures du matin un 17 août. On appelle ça assurer la «claque».
Morano et le «client
idéal»
Ce n'est pas la première
fois que l'UMP est dénoncée pour avoir utilisé de tels stratagèmes. On se souvient de Nadine Morano, alors secrétaire d'Etat à la Famille lors d'un déplacement ministériel dans un supermarché à
Marseille pour le lancement médiatique de la nouvelle allocation de rentrée scolaire (ARS). C'était il y a un an presque jour pour jour, elle était tombée sur
le «client idéal». En réalité, un proche du député UMP Richard
Maillé... Les caméras de Rue 89 étaient là.
Débarquement
d'umpistes
Dans un autre registre,
mais tout aussi symptomatique d'une mise en scène bien orchestrée, le
Canard Enchaînédans son édition du 10 juin, rapportait qu'aux cérémonies du débarquement du 6 juin, un seul laisser-passer était nécessaire pour venir saluer dans le
centre-ville de Caen l'arrivée de Barack Obama : «La carte de
l'UMP». «Au centre de Caen, nul n'a le droit
d'accueillir Obama, excepté les encartés UMP, triés. Etre militant sarkozyste, c'est le sésame obligatoire. Et foin de bonne éducation. Car voilà la claque UMP qui offre un splendide spectacle à
Obama. Huant Philippe Duron, le maire socialiste de Caen, criant son enthousiasme à Sarko...», rapportait la journaliste Dominique Simonnot. Les exemples sont nombreux de «bidonnages»
politico-médiatiques. Et dans le rôle de l'acteur, on retrouve souvent les mêmes.
Lors d'un déplacement à
la Réunion en février 2007, Nicolas Sarkozy qui n'était alors que le ministre de l'Intérieur, avait eu droit aux fastes des superproductions.Libération était présent. «Le maire [de Saint-Paul] lui avait organisé une fiesta totalement articficielle, mais remarquable d'un point de vue mise en scène pour engranger des
images. Tout était en carton-pâte sur la carte postale : les militants avaient été amenés en bus avec leurs enfants, les groupes de musiciens malgaches et tamouls sur son parcours en front de
mer dûment rémunérés» (...)
ARTICLE DU MONDE :
Accompagné du
secrétaire d'Etat au commerce, Hervé Novelli, M. Chatel s'était rendu dans un magasin du Val-de-Marne
où l'attendaient les journalistes et des clientes ravies de l'opération leur permettant d'obtenir "des prix intéressants et assez bas". Très vite, certains journalistes présents ont émis
des doutes vis-à-vis de ces femmes n'ayant que des fournitures scolaires dans leur Caddie, très au courant des modalités de l'opération et restant plantées au même rayon avant l'arrivée de la
délégation.
Une des personnes
interrogées par le ministre et ayant dit se trouver là par hasard s'est en effet révélée conseillère municipale (de droite) de Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), village situé à une
cinquantaine de kilomètres de l'Intermarché en question. Certaines des "figurantes" sont mêmes reparties ensemble sans finalement rien acheter dans la grande surface.
De son côté,
l'entourage de M. Chatel comme le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, ont assuré que le parti n'avait rien
organisé. "S'il y avait une sympathisante de l'UMP dans le magasin que j'ai visité, tant mieux pour elle, tant mieux pour moi, elle était tout à fait charmante,
on ne va pas interdire aux militants de l'UMP d'aller faire leurs courses dans leur magasin", a déclaré M. Chatel mardi soir sur France 3. (...)